Psychanalyse et Thérapie Brève

M. Durand est insomniaque, à cause d’angoisses qui l’assaillent toutes les nuits. Il décide de commencer une psychanalyse.
Au bout de cinq ans à raison de trois séances par semaines, il découvre le pourquoi de ses angoisses : depuis qu’il est tout petit, il est convaincu qu’il y a un monstre qui vient se coucher sous son lit, chaque fois qu’il va s’endormir.
Mais cette découverte ne fait que transformer ses angoisses en peurs intenses, et M. Durand ne dort pas d’avantage.
Au bout de dix ans de psychanalyse, alors qu’il est dans la salle d’attente et discute avec la secrétaire du psychanalyste, qui a finit par devenir une copine, elle lui demande :
« Dites M. Durand, vous avez vérifié qu’il y avait vraiment un monstre sous votre lit ? »
Cette question directe interpelle M. Durand, car elle contraste avec la neutralité dont il a l’habitude.
« Tiens c’est vrai, je regarderai ce soir »
Le soir même M. Durand fait ce que la secrétaire lui avait dit.
Trois jours après il revient et dit à la secrétaire : « J’ai vérifié, effectivement il y a un monstre. »
Elle lui demande : « comment le savez-vous ? »
« Ben chaque fois que je regarde, il s’en va, c’est un monstre, et en plus, il est malin »
Fort de cette découverte, il commence la séance avec le psychanalyste en lui faisant part de la découverte qu’il a fait grâce à la secrétaire.
Le Psychanalyste ne fait pas de commentaires comme d’habitude.
Mais le soir même il congédie sa secrétaire pour concurrence déloyale.
Se retrouvant au chômage et vexée de cette accusation injuste, elle décide de mettre à profit toutes ces années passées à rencontrer toutes sortes de patients et à échanger quelques mots avec eux. Elle loue l’appartement juste en dessous, et met une plaque sur la porte : Thérapie Brève.
Trois jours après, M. Durand la rencontre dans l’escalier en allant à sa séance de psychanalyse. Et elle lui explique ce qui s’est passé et sa nouvelle installation.
« Et qu’est-ce que vous feriez avec un client comme moi ?
« Ecoutez, allez faire votre séance, et puis juste après, repassez me voir, je vous répondrai. »
M. Durand ne peut résister à en glisser quelques mots à son psychanalyste qui pour une fois, sort de sa réserve habituelle :
« Pffff, la Thérapie Brève, au mieux ça ne va faire que déplacer le problème…. »

Juste après la séance, il passe comme convenu voir la psycho-secrethérapeute: « Alors qu’avez-vous à me dire ? »
« Je suis sûr que vous n’avez pas pu vous empêcher d’en parler pendant votre séance. Comment a-t-il réagi ? »
« Il a dit que ça allait juste déplacer le problème. »
« C’est pas idiot ça, déplacer le problème, je savais bien que les psychanalystes avaient un certain sens pratique quelque part au fond… »
« Et bien c’est très simple, sciez les pieds du lit et ce soir laissez exceptionnellement la porte de votre maison entre-ouverte. »
Intrigué par cette curieuse suggestion et n’ayant plus rien à perdre, il la met en pratique le soir même…et passe une excellente nuit.
Deuxième jour…….pareil….troisième jour….….pareil.
Alors M. Durand téléphone à son psychanalyste pour décommander sa séance : « Allo, ça y est, le monstre est parti, je suis totalement guéri, je dors comme un bébé, c’est merveilleux… »
« Et vous aviez raison, pour la thérapie brève, le problème s’est effectivement déplacé…c’est génial ! »

L’histoire dit que quelques mois après, le psychanalyste a du fermer boutique car tous ses clients étaient passés à l’étage au dessus…